Des tambours et trompettes dès que le moindre souffle sort du camp des médias sociaux…

On n’ose plus parler des nouveaux médias, car pendant qu’on en parle, ils évoluent déjà. Les médias classiques sont doucement relégués au second rang.

Et personne n’ose s’interroger à voix haute pour savoir si tout va aussi vite qu’on le dit. Qui à la bonne réponse ? Y-a-t-il 2 camps ? Est-ce « et-et » ou est ce que ça reste « ou-ou » ? Qui a raison dans cette « guerre des médias » ?

Les chiffres pourront nous aider à déterminer si la situation d’aujourd’hui est déjà aussi « BattlestarGalactica » qu’on le prétend. Du moins, c’est ce que nous pensions chez Dmix. Quand on parle « chiffres, recherches,… », Frédéric Jadinon, Business Development Manager chez Bpost est l’homme de la situation.

Bpost a fait appel au bureau Market Probe et l’a chargé de préparer des questions pour une enquête ; un échantillon représentatif, sans identification des participants, a donné lieu à des entrevues avec 1006 personnes, à partir de 15 ans.

« Cette recherche n’est pas une défense de notre profession », explique Jadinon. « C’est une confirmation, un positionnement. Nous voulons montrer comment le marché fonctionne aujourd’hui, indépendamment de l’évolution qui est à venir. A ce jour, la portée des médias sociaux est encore faible. Même si l’avenir est appelé à être « social » et que nous devons explorer toutes les possibilités, pour l’instant, l’annonceur reste intéressé par le ROI. Le direct mail est un médium parfaitement mesurable. »

Super, le courrier !

« La boîte aux lettres reste un contact quotidien avec votre public », explique Frédéric Jadinon. » 90 pourcent des personnes vérifie au moins cinq fois par semaine sa boîte aux lettres ; 20 pourcent même tous les jours, y compris les week-ends. 58 % reçoit du courrier tous les jours.
« Ceux qui travaillent quotidiennement dans le ‘direct) marketing savent de quoi on parle. Mais le consommateur ne vit pas dans ce secteur en pleine expansion. De ce fait, en tant qu’annonceur, il est essentiel de rester en contact avec la réalité : l’environnement quotidien de notre cible.
Pour une partie importante de la population, la boîte aux lettres est un moyen de rester en contact avec le monde extérieur. »

Les gens aiment vider leur boîte aux lettres. 61% se précipite pour le faire dès qu’ils rentrent à la maison. 69% est toujours curieux de découvrir ce que le facteur a apporté. « La boîte aux lettres est une sorte de ‘Magic Box’ » explique Jadinon. « Les gens veulent savoir ce qu’il y a dedans et se hâtent pour le découvrir. »

Fait remarquable, ces chiffres sont presque les mêmes pour les personnes qui ont une connexion Internet et reçoivent également du courrier électronique.

Impression fiable, e-mail vert

L’étude a également sondé les préférences média pour la réception de la publicité, avec quelques résultats remarquables. « Addressed direct mail », répond presque la moitié des participants à la question : « par l’intermédiaire de quel médium préférez-vous recevoir de la publicité ? » « Unaddressed mail » suit, à la deuxième place.
La télévision n’occupe qu’une troisième place, avec 13%.
L’e-mail a 5% de fans, la radio 3% et 4% préfèrent les médias sociaux.

La majorité estime que l’addressed mail donne l’information la plus crédible, utile et fiable. Les médias sociaux scorent encore très mal : seuls 3% estiment que les informations des médias sociaux sont crédibles, 4% estiment qu’ils sont utiles et 3% estiment qu’ils sont fiables.

L’étude n’examine malheureusement pas la collecte d’information face to face.

L’e-mail, par contre, est bien considéré comme un médium « vert ».
L’addressed mail comme l’unaddressed mail scorent tout deux mal dans ce domaine. Avec 9% contre 43 pour l’e-mail, le print perd ici la bataille.

A travers les générations

Une question qui tue, mais qui reste sur nos lèvres : est ce que ces chiffres ne proviennent pas principalement d’une population plus âgée ?

Frédéric Jadinon :
Frédéric Jadinon« Non, ce n’est pas le cas. L’échantillon des répondants est un reflet de la population belge en termes de sexe, région et âge. Par exemple, il y a 15% des répondants qui sont dans la classe d’âge 15-24 ans, 15% entre 25 et 34 ans, 17% entre 35 et 44 ans et ainsi de suite.

Par ailleurs, on a également étudié les canaux de préférences des différentes générations. Nous avons placé les répondants en 3 groupes : les « digital natives » (15-24 ans), les « digital immigrant » (25-45) et les »digital adopters » (45+). Un tiers des « digital native » ouvre tous les direct mails qu’il reçoit dans sa boîte aux lettres. 22% le fait la plupart du temps et 19% de temps en temps. Seul une minorité n’ouvre jamais un direct mail. Et pour cette minorité, il est assez remarquable de constater que seuls 9 % sont des « digital adopters ». Les « digital natives » font la moitié de ce chiffre.

Le client est roi

« Cette étude montre la situation réelle du jour le jour », conclut Frédéric Jardinon.
« Le direct mail est un médium apprécié : les gens aiment recevoir du courrier. Ils sont curieux du contenu de leur boîboîte aux lettres. Le direct mail reste le médium de préférence pour recevoir de la publicité. Et non, on ne s’oppose pas à l’évolution, bien au contraire. Nous constatons que pour le consommateur, le direct mail est informatif, crédible et fiable. Et c’est toujours le consommateur qui a le dernier mot, non ? »